Phantom regiment drum camp bungay

Nous n'aurions pu 5 enlever la pierre qui fermait 1'entre'e, et ce combat dangereux eut-il fini a notre avantage, nous aurions peri miserablement dans la caverne. Nous passames une nuit lamentable. Le lendemain matin, le cy elope se leva, alluma du feu et se mit a traire ses chevres.

Puis il saisit de nouveau deux de 10 mes compagnons et les de'vora. Son repas achieve, il ota la pierre qui servait de porte, poussa ses troupeaux dehors et referma 1'entre'e aussi facilement qu'on remet le couvercle d'un carquois.

Avec un sifflement aigu, le cyclope poussa ses troupeaux 15 sur la montagne et je restai prisonnier dans la caverne, pensant a mon malheur. II y avait la, faite avec le tronc d'un olivier, une massue aussi haute et aussi grosse que le mat d'un vaisseau. J'en coupai un morceau et je le fis degrossir par mes compagnons. Ensuite nous tirames au sort pour savoir lequel de nous enfoncerait ce pieu dans 1'ceil du cyclope pendant son sommeil.

Le sort tomba sur quatre, et ceux-ci me choisirent pour le cinquieme. Au 25 soir le cyclope ramena ses troupeaux. Apres avoir trait ses brebis et ses chevres, il alluma du feu et tua de nouveau deux de mes fideles camarades. Alors je m'approchai de lui et lui presentant une coupe remplie de mon vin : "Tiens, cyclope, lui dis-je, bois ce vin ; tu verras quelle precieuse 30 boisson j'avais sur mon vaisseau. Je 1'avais apporte pour te faire des libations si tu avais e'coute mes prieres.

Mais tu te conduis avec une cruaute indigne. Qui voudra de- sormais s'approcher de cette ile, puisque tu es si inhumain envers les etrangers? Lorsque je le vis sur le point de perdre la tete, je lui dis : " Cyclope, tu me demandes mon nom, 40 apprends-le done, je m'appelle Personne ; c'est ainsi que m'ont nomme mon pere, ma mere et leurs amis. Et main- tenant donne-moi le present que tu m'as promis.

A ce moment je tire le pieu, je le mets au feu st lorsque la pointe en est brulante et prete a s'enflammer, 'appelle mes compagnons. Un dieu remplissait nos ames de courage. En un instant nous poussons la piece de bois dans 1'ceil du monstre et je 1'y fais tourner.

Le sang jaillit ro autour de 1'arme embrasee, les paupieres et les sourcils sont noye's dans la flamme. Comme 1'eau dans laquelle le forgeron plonge un fer rouge, ainsi 1'ceil du monstre siffle sous le pieu brulant. Le geant pousse alors un rugissement e'pouvantable qui retentit dans la profondeur du rocher; 15 quant a nous, nous fuyons tout tremblants au fond de la caverne.

Alors le cyclope arrache de son ceil le pieu degouttant de sang et le lance loin de lui avec des eclats de rage insensee. D'une voix puissante il appelle a son secours les Cyclopes du voisinage; ceux-ci arrivent de tous 20 cotes et entourent la caverne.

T'a-t-on fait quelque rnal? Quelqu'un, par la ruse ou la violence, voudrait-il attenter a ta vie? Adresse-toi a Neptune, ton pere. Quant a moi, je me rejouissais de 1'erreur ou les avait mis le nom que j'avais imagine. Ce- 30 pendant le cyclope, qui rugissait d'une douleur epouvantable, esperait encore nous atteindre, quoiqu'il fut aveugle.

Lors- que le matin fut venu, il ota a demi la pierre qui fermait la caverne, s'assit par terre et etendit les bras vers les animaux qui sortaient.

II nous prenait pour des fous, mais 35 j'avais longtemps medite sur le moyen de lui echapper. II y avait dans la caverne un certain nombre cVenormes beliers dont la laine etait tres epaisse. Je pris des branches d'osier d'un monceau sur lequel dormait produit pour bien maigrir gratuit monstre et j'en liai les be'liers ensemble trois par trois.

Celui du milieu 40 portait un de mes camarades solidement attache. Tous mes compagnons sortirent aliment pour activer la pousse des cheveux oignon. J'avais garde' pour moi le plus fort des hellers.

Je me cramponnai sous lui, et tout haletant j'allais passer I'entre'e, lorsque le cyclope, ayant tate le dos et la tete 5 de 1'animal, le retint et lui dit : " Cher belier, pourquoi sors-tu aujourd'hui le dernier au milieu des brebis? Jamais encore tu n'as souffert que les autres fussent dehors avant toi ; tu etais toujours le premier sur la prairie pour manger 1'herbe tendre, le premier dans Teau du fleuve pour apaiser 10 ta soif, et au retour, en tout temps, tu conduisais le troupeau.

Es-tu afflige' a cause de 1'ceil de ton maitre qu'a aveugle ce mechant homme, ce Personne, qui certainement n'a pas encore echappe a son sort?

Si tu pouvais parler tu me dirais oil il se cache, sa cervelle volerait dispersee et mon 15 cceur serait soulage' des maux que m'a faits ce scele'rat" La-dessus le cyclope ota ses mains et le belier m'entraina dehors. Lorsque je fus un peu e'loigne de la caverne je me separai du belier et je deliai mes compagnons, puis nous poussames 20 sans delai les meilleures brebis devant nous, en faisant plusieurs detours pour arriver au vaisseau.

Nos criers camarades nous accueillirent avec joie et pleurerent avec nous ceux que le monstre avait si cruellement tile's. Mais bientot, nous exhortant mutuellement, nous portames les 25 brebis au vaisseau et nous primes le large. Puis, tandis que nous etions encore a la portee de voix, je criai au monstre aveugle ces paroles mortifiantes : " Cyclope, 1'homme dont tu as mange les compagnons dans ta caverne n'est pas sams gloire, coquin, et tu as maintenant le salaire 30 de tes mechancetes.

II s'en fallut de peu que la pierre ne brisat le gouvernail ; les vagues s'eleverent autour de nous et leur mouvement nous repoussa au rivage. Mais encourages par 35 mes discours, mes compagnons reussirent a rendre au vaisseau sa premiere direction.

Lorsque nous eumes repris le large, je me relevai pour parler. Mes compagnons tacherent de m'en empecher, car ils craignaient que meme la le monstre ne put encore nous nuire. Mais je lui criai 40 a haute voix : " Cyclope, si quelqu'un te questionne sur la perte de ton ceil, re'ponds : C'est le destructeur de villes, Ulysse, le maigrir selon son groupe sanguin wiki de Lae'rte, qui habite Ithaque.

Le voyant Telemos m'annonc. Je cms toil jours depuis lors qu'il viendrait ici un homme de haute taille. Et puis il se trouve que c'est un 5 petit homme, un etre de rien qui me fait perdre le sens dans le vin et qui m'aveugle ensuite! Mais reviens, Ulysse, je veux te faire le present de I'hospitalite et implorer Neptune qu'il favorise ton retour ; je suis son fils et lui seul parmi les dieux peut me rendre la vue.

Si tu es vraiment mon pere, empeche le retour d'Ulysse. Mais si le Destin a decide 15 qu'il doit revoir Ithaque, fais qu'il endure auparavant des maux sans nombre et qu'il ne trouve dans sa demeure que la misere et le trouble.

Elle decrit un grand cercle et tombe devant nous 20 dans la mer. Les vagues s'enflent et nous poussent au loin. Bientot nous atteignimes File oil nos autres compagnons nous attendaient dans 1'angoisse.

Ayant aborde, nous partageames les moutons pris au cyclope. Mes compa- 25 gnons me donnerent pour ma part le gros belier et je le sacrifiai aussitot a Jupiter. Nous nous assimes ensuite pour manger et pour boire, et quand le soleil fut couch e nous nous endormimes sur le nvage.

L'Anneau de Polycrate, 3 Polycrate, roi de Sarnos, fit avec Amasis, roi d'Egypte, un traite d'amitie que ces deux princes cimenterent par des presents mutuels. Sa puissance s'accrut tout a coup en peu de temps, et bientot sa reputation se repandit dans 1'1'onie et dans le reste de la Grece.

La fortune 1'accompagnait partout 35 oil il portait ses armes. II avait cent vaisseaux a cinquante rames, et mille hommes de trait. II se rendit maitre de plusieurs iles, et prit un grand nombre de villes sur le con- tinent. II vainquit, dans un combat naval, les Lesbians, 5 qui etaient venus avec toutes leurs forces au secours des Mile'siens ; et les ayant faits prisonniers, et charge's de chaines, il leur fit creuser le fosse qui environne les murs de Samos.

Amasis, instruit de la grande prospe'rite de Polycrate, en 10 eut de 1'inquietude. Comme elle allait toujours en augment- ant, il lui e'crivit en ces termes : "II m'est bien doux d'apprendre les succes d'un ami et d'un allie. Mais comme je connais la jalousie des dieux, ce grand bonheur me deplait. J'aimerais mieux pour moi et pour ceux a qui je 15 m'interesse, tantot des avantages et tantot des revers, et que la vie fut alternativement partagee entre Tune et 1'autre fortune, qu'un bonheur toujours constant et sans vicissitude : car je n'ai jamais oui parler d'aucun homme qui, ayant etc heureux en toutes choses, n'ait enfin peri malheureusement.

Examinez quelle est la chose dont vous faites le plus de cas, et dont la perte vous serait le plus sensible. Lorsque vous Faurez trouvee, jetez-la loin de vous, et de maniere qu'on ne puisse 25 jamais la revoir. Que si, apres cela, la fortune continue a vous favoriser en tout, sans meler aucune disgrace a ses faveurs, ne manquez pas d'y apporter le remede que je vous propose.

II chercha, parmi toutes ses raretes, quelque chose dont la perte put lui etre le plus sensible ; il s'arreta a une emeraude montee en or, qu'il avait coutume de porter au doigt, et qui lui servait de cachet. Resolu de s'en defaire, 35 il fit e'quiper un vaisseau et, e'tant monte' dessus, il se fit conduire en pleine mer. Lorsqu'il fut loin de 1'ile, il tira son anneau, et le jeta dans la mer a la vue de tous ceux qu'il avait amends avec lui.

Cela fait, il retourna a terre. Cinq ou six jours apres, un pecheur, ayant pris un tres gros poisson, le crut digne de Polycrate. Quoique je gagne ma vie du travail de mes mains, je n'ai pas cru devoir le porter au marche; il ne peut convenir qu'a vous, qu'a un puissant 5 prince, et je vous prie de 1'accepter.

Ton present me fait plaisir, et ton compliment ne m'en fait pas moins. Je t'invite a souper. Cependant les officiers de cuisine ouvrent le poisson et, lui trouvant dans le ventre 1'anneau de Polycrate, ils allerent pleins de joie le lui porter, et lui conterent la maniere dont ils 1'avaient trouve.

Polycrate imagina qu'il y avait en cela quelque chose de divin. II ecrivit a 15 Amasis toutes les circonstances de cette aventure, et remit sur-le-champ sa lettre a un expres pour etre portee en ftgypte. Ce prince, en ayant fait lecture, recormut quil etait im- possible d'arracher unhomme au sort qui le menagait, et que 20 Polycrate ne pourrait finir ses jours heureusement, puisque la fortune lui etait si favorable en tout, qu'il retrouvait merne ce qu'il avait jete loin de lui.

II lui envoya un heraut a Samos, pour renoncer a son alliance. II rompit, parce qu'il craignit que, si la fortune de Polycrate venait 25 a changer, et qu'il lui arrivat quelque grand malheur, il ne fut contraint de le partager en qualite d'allie et d'ami.

Trad, par Larcher. Histoire du petit Bossu. II y avait autrefois a Casgar, aux extremites de- la grande 30 Tartarie, un tailleur, qui avait une tres-belle femme, qu'il ai- mait beaucoup, et dont il dtait aimd de meme. Un jour qu'il travaillait, un petit bossu vint s'asseoir a 1'entre'e de sa bou- tique, et se mit a chanter en jouant du tambour de basque. Le tailleur prit plaisir a 1'entendre, et resolut de Femmener 35 dans sa maison pour re'jouir sa femme : " Avec ses chansons plaisantes," disait-il, " il nous divertira tous deux ce soir.

Us se mirent tous trois a table ; mais en man- geant, le bossu avala par malheur une grosse arete, dont il 5 mourut en peu de moments, sans que le tailleur et sa femme y pussent remedier. Us furent bien effrayes de cet accident, car il etait arrive chez eux, et ils avaient sujet de craindre que, si la justice venait a le savoir.

Le mari neanmoins trouva un expedient pour 10 se defaire du corps mort : il fit reflexion qu'il demeurait dans le voisinage un me'decin juif ; et la-dessus, ayant forme un projet, sa femme et lui prirent le bossu, 1'un par les pieds, 1'autre par la tete, et le porterent jusqu'au logis du me'decin.

Ils frapperent a sa porte, ou aboutissait un escalier tres-raide 1 5 par ou Ton montait a sa chambre ; une servante descend aussitot meme sans lumiere, ouvre et demande ce qu'ils souhaitent. Tenez," 20 ajouta-t-il, en lui mettant en main une piece d'argent, "donnez-lui cela par avance, afin qu'il soit persuade que nous n'avons pas dessein de lui faire perdre sa peine.

Cependant la servante ayant dit au medecin, qu'un homme et une femme 1'attendaient a la porte, et le priaient de des- 30 cendre pour un malade qu'ils avaient amene, et lui ayant re- mis entre les mains 1'argent qu'elle avait rcc,u, il fut trans- portd de joie ; se voyant paye d'avance, il crut que c'etait une bonne pratique qu'on lui amenait, et qu'il ne fallait pas ne- gliger. Peu s'en fallut qu'il ne tombat et ne roulat avec lui.

J'ai acheve de tuer ce malade qu'on m'avait amene. Je suis cause de sa mort; je suis perdu; helas, on viendra bientot me tirer de chez moi comme un meurtrier. II prit ensuite le cadavre, le porta dans la chambre de sa femme, qui faillit s'evanouir 10 quand elle le vit entrer avec cette fatale charge.

Nous perdrons indubitablement la vie, si nous le gardens jusqu'au jour. Quel malheur! Comment avez-vous 15 done fait pour tuer cet homme?

Le 20 medecin eut beau rever, il ne trouva nul stratageme pour sortir d'embarras ; mais sa femme, plus fertile en inventions, dit : " II me vient une pensee ; portons ce cadavre sur la terrasse de notre logis, et jetons-le par la cheminee dans la maison du Musulman notre voisin.

II avait chez lui son magasin ou les rats et les souris faisaient un grand de'gat. Le medecin juif ayant approuve 1'expedient propose, sa 30 femme et lui prirent le bossu, le porterent sur le toit de leur maison et, apres lui avoir passe des cordes sous les aisselles, ils le descendirent par la cheminee dans la chambre du pourvoyeur, si doucement qu'il demeura plante sur ses pieds centre le mur comme s'il eut ete vivant Lorsqu'ils le 35 sentirent en bas, ils retirerent les cordes et ie laisserent dans Tattitude que je viens de dire.

Ils etaient a peine descersdus et rentres dans leur chambre, que le pourvoyeur entra dans la sienne, avec une lanterne k la main. II revenait d'un festin de noces auquel il avait e'te invite ce jour-la.

Je ne crois pas qu'il te reprenne jamais envie d'y revenir. Le cadavre tomba le nez contre terre ; le pourvoyeur redouble ses coups, mais remarquant enfin que le corps qu'il 10 frappe est sans mouvement, il s'arrete pour le considerer. Ah, j'ai porte trop loin ma vengeance! Grand Dieu, si vous n'avez pitie' de moi, c'est 15 fait de ma vie.

Quoiqu'il fut ivre, il ne laissa pas de remarquer 35 que la nuit etait fort avancee, et qu'on allait bientot appeler a la priere de la pointe du jour; c'est pourquoi precipitant ses pas, il se hatait d'arriver au bain, de peur que quelque Musulman en allant a la mosque'e, ne le rencontrat et ne le menat en prison, comme un ivrogne.

Le garde du quartier vint a ses cris, et voyant que c'etait 5 un Chretien qui maltraitait un Musulman : " Quel aujet avez- vous," lui dit-il, " de maltraiter regime alimentaire foie fragile suisse un Musulman? Cependant le marchand chretien revint de son ivresse, et plus il faisait de reflexions sur son aventure, moins il pouvait comprendre comment de simples coups de poing avaient etc capables d'oter la vie a un 20 homme.

Le lieutenant de police, sur le rapport du garde, et ayant vu le cadavre qu'on avait apporte chez lui, interrogea le mar- chand chretien qui ne put nier un crime qu'il n'avait pas commis. Comme le bossu etait undes bouffons du sultan, le 23 lieutenant de police ne voulu t pas faire mourir le Chretien sans avoir auparavant appris la volonte du prince.

II alia au palais rendre compte de ce qui se passait au sultan, qui lui dit : " Je n'ai point de grace k accorder a un Chretien qui tue un Musulman ; allez, rfaites votre charge. C'est bien assez pour moi d'avoir assassine un Musulman, sans charger 5 encore ma conscience de la mort d'un Chretien qui n'est pas criminel. Quand il fut devant le juge de police : " Seigneur," lui dit-il, " ce Musulman que vous voulez faire pendre n'a pas 20 merite la mort ; c'est moi qui suis criminel.

Pendant qu'elle me parlait, ils porterent le malade au haut de 1'escalier, et puis dispa- rurent. Je descendis sans attendre que ma servante eut allume une chandelle, et dans 1'obscurite, venant a donner du pied contre le malade, je le fis rouler jusqu'au bas de 30 1'escalier. Enfin, je vis qu'il e'tait mort, et que c'etait leMusulman bossu dont on veut aujourd'hui venger le trepas.

Nous primes le cadavre ma femme et moi, nous le portames sur notre toit d'ou nous le passames sur celui du pourvoyeur notre voisin que vous alliez faire mourir injustement, et nous 35 le descendimes dans sa chambre par la cheminee. Renvoyez-le done, s'il vous plait, et mettez- moi a sa place, puisque personne que moi n'est cause de la mort du bossu. Le me'decin avait de'ja la corde au cou, et allait cesser de vivre, quand on entendit la voix du tailleur, qni priait le bourreau de ne pas passer plus avant, et qui faisait ranger le peuple pour s'avancer vers le lieutenant de police, devant 10 lequel etant arrive: "Seigneur," lui dit-il, "peu s'en est fallu que vous n'ayez fait perdre la vie a trois personnes innocentes ; mais si vous voulez bien avoir la patience de m'entendre, vous allez connaitre le veritable assassin du bossu.

Si sa mort doit etre expie'e par une autre, c'est par 15 la mienne. Hier, vers la fin du jour, comme je travaillais dans ma boutique, et que j'etais en hnmeur de me rejouir, le bossu a demi ivre arriva et s'assit. II chanta quelque temps, et je lui proposal de venir passer la soiree chez moi. II y consentit et je 1'emmenai. Nous nous mimes a table, 20 je lui servis un morceau de poisson ; en le mangeant, une arete s'arreta dans son gosier, et quelque chose que nous fissions pour le soulager, il mourut en peu de temps.

Nous fumes fort afm'ges de sa mort, et de peur d'en etre repris, nous portames le cadavre a la porte du me'decin juif. Je frappai, et je dis a la servante qui vint ouvrir, de remonter promptement, et de prier son maitre de notre part de des- cendre pour voir un malade que nous lui amenions ; et afin qu'il ne refusat pas de venir, je la chargeai de lui remettre en main propre une piece d'argent que je lui donnai. Des 30 qu'elle fut remontee, je portai le bossu au haut de 1'escalier sur la premiere marche, et nous sortimes aussitot, ma femme et moi, pour nous retirer chez nous.

Le medecin, en voulant descendre, fit rouler le bossu, ce qui lui a fait croire qu'il etait cause de sa mort ; puisque cela est ainsi," ajouta- 35 t-il, " laissez aller le medecin et faites-moi mourir.

II faut avouer que cette histoire est bien extraordinaire, et qu'elle me'rite d'etre dcrite en lettres d'or. Le bourreau ayant mis en liberte le medecin, passa une corde au coil du tailleur.

Le sultan de Casgar qui ne pouvait se passer longtemps du bossu son bouffon, ayant demande' a le voir, un de ses 5 officiers lui dit : "Sire, le bossu dont Votre Majeste est en peine, apres s'etre enivre hier, s'e'chappa du palais contre sa coutume pour aller courir par la ville, et il s'est trouve mort ce matin. On a conduit devant le juge de police un homme accuse de 1'avoir tue, et aussitot le juge a fait dresser une 10 potence. Comme on allait pendre 1' accuse, un homme est arrive, et apres celui-la un autre, qui s'accusent eux-memes, et se dechargent Tun Fautre.

II y a longtemps que cela dure, et le lieutenant de police est actuellement occupe' a interroger un troisieme homme qui se dit le veritable 15 assassin. Le bourreau ayant reconnu 1'huissier n'osa passer outre, et lacha le tailleur. Le juge obeit, prit le chemin du palais avec le tailleur, le medecin juif, le pourvoyeur et le marchand chretien, et fit porter par quatre de ses gens le corps du bossu. Le sultan la trouva si singuliere, qu'il ordonna a son historiographe particulier de T'ecrire avec toutes ses 35 circonstances.

Trad, par Galland. Henri II. ET LE MEUNIER porta loin des seigneurs de sa cour, et, a 1'approche de la nuit, il se trouva seul dans un endroit de la foret qu'il ne connaissait pas, et ou aucun sentier n'e'tait trace. II erra quelque temps a droite, a gauche, sans rencontrer personne. Enfin un meunier et son ane vinrent a passer pres de Ik.

Le meunier le regarda de travers, et, sans lui repondre, donna deux coups de talon dans les flancs de sa monture. Etes-vous sourd, etes-vous muet, 1'ami? Bien, bien, ca- marade, murmura le meunier. Je n'aime pas qu'on me plaisante ; vous savez votre chemin aussi bien que moi. Sur mon honneur, je parle serieusement, et si vous ne me repondez pas de meme, il me faudra passer la nuit sous un 1 5 de ces arbres. Un grand malheur, en verite, dit le meunier ; ce ne sera pas la premiere fois, je pense, que vous vous serez choisi votre chambre a coucher dans la foret.

Et pour qui me prenez-vous done? Pour ce que vous etes, mon jeune brave. Tenez votre cheval a distance, je vous 20 prie. II etait evident que le bonhomme croyait avoir affaire a un voleur. Le jeune prince, riant a demi, essaya de dissiper au moins en partie sa meprise. II lui assura qu'il e'tait gentilhomme. Vous, gentilhomme! II devinait juste; le roi n'avait pas meme de bourse. C'est egal, dit le meunier apres avoir reflechi un instant, j'aime encore mieux m'exposer 30 a etre dupe que de manquer de charite.

Apres tout, il est possible que j'aie tort. Suivez-moi, beau sire. Nottingham est trop loin pour que vous y arriviez cette nuit ; mais si vous etes vraiment un honnete homme, on ne vous laissera pas dormir au clair de la lune. Je suis un honnete homme, 35 vous pouvez m'en croire, dit le roi, et comme gage voici ma main. Tout beau, mon cher, rcpondit le meunier; je ne donne pas de poignees de main quand il fait si noir.

Plus tard nous nous connaitrons mieux. C'etait la demeure du meunier. Tous deux mirent pied a terre. En entrant, le roi sentit une forte odeur de lard bouilli, et il fut presque aveugle par la fumee.

Le premier soin du meunier fut d'examiner la 5 physionomie de son compagnon. Ma foi, dit-il, voila une figure qui me revient assez. Tu ne m'as pas 1'air aussi coquin que je le croyais. Si tu ne deplais pas a la menagere 5 tu souperas et tu coucheras an moulin.

Henri avait 6U poliment son chapeau, et se tenait respectueusement debout 10 devant la meuniere qui travaillait a faire reluire quelque pot d'etain. C'est un pauvre diable, dit tout bas le mari a la femme ; mais nous ne pouvons pas le laisser a la porte. Regarde, il a presque 1'air d'un homme comme il faut ; il a de la civilite, et on voit qu'il sait le respect qu'il doit aux 15 gens qui valent mieux que lui.

La femme parut n'avoir pas plus mauvaise opinion de Henri ; car elle lui adressa la parole avec bonne humeur : Soyez le bien venu, mon gargon. Vous aurez pour coucher une botte de paille fraiche et une paire de draps de toile neuve.

Et pas 20 moins que notre fils Richard pour camarade de lit, ajouta le meunier. On se mit a table devant un morceau de lard, un pouding bouilli, et une terrine de pommes cuites; on arrosa le tout de frequentes libations d'une bonne biere brune.

Le 25 roi, q". A ta sante', lui dit le meunier. Grand merci, dit le roi ; moi, je bois a la sante' de Richard ; je suis sur que c'est un bon enfant.

Le meunier devenait de plus en plus jovial ; il etait tout- a-fait revenu de ses soupgons sur le compte de 1'etranger. Femme, dit-il, n'as-tu rien de plus a nous servir? Je 35 crois que si tu voulais bien, tu trouverais encore dans la huche quelque morceau de venaison.

La femme ne se fit pas prier, et elle mit devant son mari une grillade qui fut bientot depece'e. Voila qui est delicieux, dit le roi en devorant ; c'est un morceau exquis. Nous ne sommes pas assez sots, pour 1'acheter, dit Richard, et nous en mangeons tous les jours. En fait de marche, le meilleur est la foret de Sherwood. Vrai- ment, tu es sorcier! II faut que tu viennes de 1'autre monde pour croire qu'on se fasse faute de gibier quand on 1'a sous la main.

Un honnete homme qui se respecte a toujours quelque quartierde venai- 5 son en reserve. Mais ne t'avise pas d'en dire un mot. Je ne voudrais pas pour quatre sous etre de'nonce au roi ; il ne badine pas sur ses droits de chasse.

Soyez tranquille, dit Henri. Ce n'est pas moi qui en parlerai jamais au roi. La fin du souperfut encore plusgaie que le commencement. Le lendemain matin, au moment oil il prenait conge de ses hotes et s'appretait a monter a cheval, quelques seigneurs 15 de sa cour arriverent tout effares ; joyeux de le retrouver, ils mirent un genou en terre en Fappelant Sire, Majeste, etc.

On imagine aisdment la stupefaction du meunier. La peur le prit si fort qu'il en trembla de tous ses mernbres : il crut s'apercevoir que le roi. Mais le roi le rassura amicalement, et lui donna en riant 1'accolade des chevaliers ; puis il s'eloigna au galop avec la suite. Environ un mois apres, un page vint frapper a la porte 25 du meunier. Le roi, dit-il, vous invite tous les trois a venir le trouver a Westminster.

A Westminster! Parbleu, dit Richard, qui depuis le fameux souper n'avait fait que de mauvais reves, il se souvient de la 30 venaison, et il veut nous voir pendre haut et court. Vous jugez mal le roi, dit le page. II a beaucoup d'amitie pour vous, et il vous invite k diner. Est-il vrai! Jeune homme, allez dire a votre maitre que nous acceptons ; et 35 puisque vous nous avez apporte une bonne nouvelle, c'est moi qui paierai votre message.

En disant ces mots, il for9a le page a accepter deux ou trois vieux sous de cuivre. Le page partit, le meunier prit un air d'importance : 40 a, mon fils et ma femme, il s'agit de paraitre bravement devant le roi. II faut nous couvrir de notre mieux, et faire notre entree a la cour de maniere a etonner im peu les gens. Soyez tranquille, mon mari ; nous ne ferons honte a personne. Et la bonne femme se hata d'appreter les habits de fete. On harnacha le mieux possible 1'ane du moulin ; on lui jeta sur le dos une couverture verte et a franges ; ce fut le palefroi de la meu- niere.

Elle entra a Westminster, escortee par son mari et 10 son fils. La cour leur fit un accueil honnete et gracieux. Le roi avait serieusement deTendu qu'on usat envers eux de raillerie ou d'insolence.

II tendit la main au meunier et h, Richard, et souhaita la bienvenue a la brave femme. Et comment aurais-je pu oublier mon camarade de lit, repondit le roi. Te tairas-tu, manant, dit le 20 meunier Cette conversation fut interrompue par I'arrive'e de la reine qui embrassa la meuniere : la chere femme en resta toute ebahie et immobile. Le diner couronna dignement ce royal accueil. Le 25 meunier but sans sourciller tout ce qu'on versa dans son verre, vins etrangers, bieres de toutes sortes.

II ne parla qu'apres avoir goute' de toutes les bouteilles et de tous les plats. II faut etre de bonne foi, ma femme, dit-il, nous n'avons pas de meilleurs vins dans le Nottinghamshire. Je suis fache de n'avoir pas un peu de venaison a vous ortrir.

Halte-la, cria Richard, sans cesser de manger. C'est une trahison, Sire. Vous aviez promis de n'en jamais rien dire a personne. Tu as raison, Richard, dit le roi. II ne faut 35 pas que le roi le sache. Et il demanda au gros garden le plat qu'il prefe'rait. Voulez-vous que je parle en conscience, dit Richard, toutes ces friandises-la ne valent pas un bon pouding noir. Je crois qu'il a raison, dit Henri a la reine. Je n'en ai jamais mange, repondit-elle. Comme cela se 40 trouve!

J'en ai apporte un. Et il tira en effet du fond de son chapeau un pouding noir qu'il plaa sans fagon sur la table. La reine fiit obligee de goiter du pouding. Quand les trois convives voulurent prendre conge, le roi annonc,a au meunier qu'il 1'avait nomme'son garde-chasse de la foret de Sherwood ; et il ajouta : Prenez garde settlement k ne plus voler mon gibier, mon hote.

Venez me voir une fois tous les trois mois, et maintenant, adieu, John Cockle. Bienfaisance de Montesquieu. Un jeune homme, nomine Robert, attendait sur le rivage perdre du ventre avec la glace a Marseille que quelqu'un entrat dans son batelet.

Un in- connu s'y place ; mais un instant apres, il se preparait a en sortir, malgre la presence de Robert, qu'il ne soupgon- nait pas d'en etre le patron. II lui dit que, puisque le conducteur de cette barque ne se montre pas, il va passer 15 dans une autre. Monsieur, lui dit le jeune homme, celle-ci est la mienne, voulez-vous sortir du port?

Non, il n'y a plus qu'une heure de jour.

Seulement je voulais faire quel- ques tours dans le bassin, pour pronter de la fraicheur et de la beaute de la soiree Mais vous n'avez pas 1'air 20 d'un marinier, ni le ton d'un homme de cet etat. Je ne le suis pas en effet; ce n'est que pour gagner de 1' argent que je fais ce metier les fetes et les dimanches. Quoi, avare a votre age! Monsieur, si vous saviez pourquoi je de'sire si fort de gagner de 1'argent, vous n'ajouteriez pas a ma peine celle de me croire un caractere si bas.

J'ai pu vous faire tort, mais vous ne vous etes pas explique. Faisons notre pro- menade, et vous me conterez votre histoire. L'inconnu 30 s'assied. He bien, poursuit-il, dites-moi quels sont vos chagrins, vous m'avez dispose a y prendre part. Je n'en ai qu'un, dit le jeune homme, celui d'avoir un pere dans les fers, sans pouvoir Ten tirer. II etait courtier dans cette ville ; il s' etait procure, de ses epargnes et de celles de ma 35 mere, un interet sur un vaisseau en charge pour Smyrne.

II a voulu veiller lui-meme a 1'echange de sa pacotille et en faire le choix. Cependant ma mere et mes soeurs 5 travaillent jour et nuit ; j'en fais de meme chez mon maitre, dans 1'etat de joaillier que j'ai embrasse, et je cherche a mettre a profit, comme vous voyez, les dimanches et les fetes. Nous nous sommes retranche jusque sur les besoins de premiere necessite ; une seule petite chambre forme tout io notre logemenL Je croyais d'abord aller prendre la place de mon pere, et le delivrer en me chargeant de ses fers ; j'etais pret a executer ce pro jet, lorsque ma mere, qui en fut informee, je ne sais comment, m'assura qu'il etait aussi impra- ticable que chimerique, et fit defendre k tous les capitaines 15 du Levant de me prendre a leur bord.

Et recevez-vous quelquefois des nouvelles de votre pere? Savez-vous quel est son patron a Tetuan, quels traitements il y e'prouve? Son patron est intendant des jardins du roi : on le traite avec humanite, et les travaux auxquels on 1'emploie ne sont pas 20 au-dessus de ses forces ; mais nous ne sommes pas avec lui pour le consoler, pour le soulager ; il est eloigne de nous, d'une femme cherie, et de trois enfants qu'il aima toujours avec tendresse.

Quel nom porte-t-il a Tetuan? II n'en a point change ; il s'appelle Robert, comme a Marseille. Lorsqu'il fut nuit, Robert cut ordre d'aborder. Alors 30 Tinconnu sort du bateau, lui remet une bourse entre les mains, et, sans lui laisser le temps de le remercier, s'eloigne avec precipitation.

II y avait dans cette bourse huit doubles louis en or, et dix e'cus en argent. Qu'on juge de 1'etonnement de sa femme et de ses enfants, de leurs transports et de leur joie! La mere rompt le silence ; elle imagine que c'est son fils qui a tout fait ; elle raconte a son mari comment, des 1'origine de son esclavage, il avait voulu aller prendre sa place, et comment elle Ten avait em- 10 peche.

II fallait six mille francs pour la rangon : Nous en avions, poursuit-elle, un peu plus de la moitie, dont la meil- leure partie etait le fruit de son travail ; il aura trouve des amis qui I'auront aide. Tout a coup, reveur et taciturne, le pere reste consterne ; puis s'adressant a son fils : Mai- i 5 heureux! A ton age, fils d'un infortune, d'un esclave, on ne se procure point naturellement les ressources qu'il te fallait. Je fremis 20 de penser que 1' amour filial t'a rendu coupable.

Rassure-moi; sois vrai, dusse-je mourir, si tu as pu cesser d'etre honnete! V Tranquillisez-vous, mon pere, repondit-ilenl'embrassant, votre fils n'est pas indigne de ce titre. Ce n'est point a moi que vous devez votre liberte : je connais notre bienfaiteur. Je passerai ma vie a le chercher, et il viendra jouir du spectacle de ses bienfaits. Ensuite il raconte a son pere 1'anecdote de 1'inconnu, et le rassure ainsi sur ses craintes.

Les succes surpasserent son attente. Au bout de deux jus pour maigrir vite gratuit il acquit de 1'aisance ; ses enfants, qu'il avait. L'in- 40 connu s'empresse de le secourir, et de lui demander la cause de son etat.

Tout cela peut etre ; mais sou venez- vous qu'il y a vingt-six mois vous y e'tiez aussi : rappelez-vous cette promenade surpoids obésité 19 le port ; 1'interet que vous prites a mon malheur, les questions que vous me fites sur les circonstances qui pouvaient vous e'clairer 10 et vous donner les lumieres necessaires pour etre notre bien- faiteur.

Liberateur de mon pere, pouvez-vous oublier que vous tes le sauveur d'une famille entiere, qui ne desire plus rien que votre pre'sence? Ne vous refusez pas a ses vceux, et venez voir les heureux que vous avez faits Non, Monsieur, je ne me trompe point; vos traits sont trop profonde'ment graves dans mon coeur, pour que je puisse vous meconnaitre.

Venez, de grace. En meme temps il le prenait par le bras, et lui faisait une sorte de violence 20 pour 1'entrainer. Une multitude de peuple s'assemblait autour d'eux. Alors, 1'inconnu, d'un ton plus grave et plus ferme : Monsieur, dit-il, cette scene commence a etre fatigante. Quelque ressernblance occasionne votre erreur : rappelez votre raison et allez dans votre famille chercher la tranquillite' 25 dont vous paraissez avoir besoin. Quelle cruaute!

Resterai-je en vain a vos pieds? Serez-vous assez inflexible pour refuser le tribut que nous reservons depuis si longtemps 30 a votre ge'nerosite? Et vous qui etes ici presents, vous que le trouble et le desordre ou vous me voyez, doivent attendrir, joignez-vous tous a moi, pour que 1'auteur de mon salut vienne contempler son ouvrage.

A ces mots, 1'inconnu parait se faire quelque violence. Get inconnu le serait encore, si ses gens d'affaires, ayant 40 trouve dans ses papiers, a la mort de leur maitre, une note de 7, livres, envoy es a M. Ce banquier repondit qu'il en avait fait usage pour delivrer un Marseillais, nomme Robert, esclave a Tetuan, conformement aux ordres de Charles de Secondat, baron de Montesquieu, president au parlement de Bordeaux. Le petit Chaperon Rouge.

The grenadiers regiment

Cette bonne femme lui fit faire un 10 petit chaperon rouge qui lui seyait si bien, que partout on V 1'appelait le petit Chaperon Rouge. Un jour, sa mere ayant fait des galettes, lui dit : Va voir L comment se porte ta mere-grand ; car on m'a dit qu'elle etait malade : porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. II lui demanda 20 ou elle allait. La pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il e'tait dangereux de s'arreter a e'couter un loup, lui dit : Je vais voir ma mere-grand, et lui porter une galette avec un pot de beurre que ma mere lui envoie.

Demeure-t-elle bien loin? Eh bien! Le Loup ne fut pas long- temps a arriver a la maison de la mere-grand; il heurte, toe, 35 toe. Qui est la? C'est votre fille, le petit Chaperon Rouge, dit le Loup en contrefaisant sa voix, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mere vous envoie. Le Loup tira la chevillette et la porte s'ouvrit. II se jeta sur la bonne femme, et la deVora en J moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu'il n'avait 5 mange.

Ensuite il ferma la porte, et s'alla coucher dans le lit de la mere-grand, en attendant le petit Chaperon Rouge, qui, quelque temps apres vint heurter a la porte.

Toe, toe. Le petit Chaperon Rouge, qui entendit la grosse voix du Loup, cut peur d'abord, mais, croyant que sa ' 10 mere-grand etait enrhumee, il rdpondit: C'est votre fille le petit Chaperon Rouge qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mere vous envoie. Le Loup lui cria en adoucissant un peu sa voix : Tire la chevillette, la bobinette cherra.

Le petit Chaperon Rouge tira la 15 chevillette, et la porte s'ouvrit. Elle lui dit : Ma mere-grand, que vous avez de grands bras! C'est pour mieux t'embrasser, ma fille.

Ma mere-grand, que vous avez de grandes jambes! C'est pour mieux courir, mon enfant. Ma mere-grand, que vous avez de grandes 25 oreilles 1 C'est pour mieux Pouter, mon enfant Ma mere-grand, que vous avez de grands yeux!

C'est pour mieux voir, mon enfant. Ma mere-grand, que vous avez de grandes dents! C'est pour te manger. Et en disant ces mots, le mediant Loup se jeta sur le petit Chaperon Rouge, 30 et la mangea. Cendrillon, ou la petite Pantoufle de Verre. II etait une fois un gentilhomme qui epousa en secondes y noces une femme, la plus hautaine et la plus fiere qu'on cut. Elle avait deux filles de son humeur, et qui 35 lui ressemblaient en toutes choses.

Le mari avait de son cote, une jeune fille, mais d'une douceur et d'une bonte sans exemple : elle tenait cela de sa mere, qui etait la meilleure personne du monde. La pauvre fille souffrait tout avec patience, 10 et n'osait se plaindre a son pere, qui 1'aurait grondee parce S que sa femme le gouvernait entierement. Lorsqu'elle avait fait son ouvrage, elle s'allait mettre au coin de la cheminee et s'asseoir dans les cendres, ce qui faisait qu'on 1'appelait communement Cucendron.

Cependant, Cendrillon, avec ses mediants habits, AC laissait pas d'etre cent fois plus belle que ses sceurs, quoique vetues magnifiquement. II arriva que le fils du roi donna un bal, et qu'il en pria 20 toutes les personnes de qualite. Nos deux demoiselles en furent aussi prices, car elles faisaient grande figure dans le pays.

Les voilk bien aises, et bien occupees a choisir les habits et les coiffures qui leur sieraient le mieux. Nouvelle v peine pour Cendrillon ; car c'etait elle qui repassait le linge 25 v' de ses sceurs et gaudronnait leurs manchettes.

Moi, dit 1'ainee, je mettrai mon habit de velours rouge et ma garniture d'An- v gleterre. Elles appelerent Cendrillon pour lui demander son avis, car elle avait le gotit bon. En les coiffant, elles lui disaient : Cendrillon, serais-tu bien aise d'aller au bal?

Helas, mesdemoiselles, vous vous moquez de moi ; ce n'est pas la ce qu'il me faut. Elles furent pres de deux jours sans manger, tant elles etaient trans- v portees de joie. On rompit plus de douze lacets a force de. Enfin 1'heureux jour arriva : on partit, et Cendrillon les suivit des yeux le plus longtemps qu'elle put. Sa marraine, qui la vit tout en pleurs, lui demanda ce qu'elle avait. Je voudrais bien Elle pleurait si fort, qu'elle ne put achever. Sa marraine, qui etait fee, lui dit : Tu voudrais bien aller au V bal, n'est-ce pas?

He bien! Elle la mena dans sa chambre, et lui dit : Va dans V 15 le jardin, et apporte-moi une citrouille. Cendrillon alia aussitot cueillir la plus belle qu'elle put trouver, et la porta a sa marraine, ne pouvant deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au bal.

Elle dit a Cendrillon de lever un peu la trappe de la souriciere, et a chaque souris qui sortait, elle lui donnait un coup de sa baguette, et la souris e'tait 25 aussitot change'e en un beau cheval; ce qui fit un bel- - ' attelage de six chevaux d'un beau gris de souris pommele.

Comme elle etait en peine de quoi elle ferait un cocher : Je vais voir, dit Cendrillon, s'il n'y a point quelque rat dans N la ratiere, nous en ferons un cocher. Tu as raison, dit sa 30 marraine, va voir. Cendrillon lui apporta la ratiere, ou il y avait trois gros rats. La fee en prit un d'entre les trois, a cause de sa maitresse barbe ; et 1'ayant touche il fut change en un gros cocher, qui avait une des plus belles moustaches qu'on ait jamais vues.

Ensuite elle lui dit : Va dans le 35 jardin, tu y trouveras six le'zards derriere 1'arrosoir; apporte- les-moi. Elle ne les eut pas plus tot apportds, que la mar- raine les changea en six laquais, qui rnonterent aussitot J derriere le carrosse, avec leurs habits chamarre's, et qui s'y tenaient attaches comme s'ils n'eussent fait autre chose de- 40 toute leur vie. La fee dit alors a Cendrillon : He bien! Elle 10 promit a sa marraine qu'elle ne manquerait pas de sortir du bal avant minuit.

Elle part, ne se sentant pas de joie. Le fils du roi, qu'on alia avertir qu'il venait d'arriver une grande princesse qu'on ne connaissait point, courut la recevoir ; il lui donna la main a la descente du carrosse et la mena dans 1 5 la salle oil etait la compagnie. II se fit alors un grand silence ; on cessa de danser. On n'entendait qu'un bruit confus : Ah! Le roi meme, tout vieux qu'il etait, ne 20 laissait pas de la regarder, et de dire tout bas a la reine qu'il y avait longtemps qu'il n'avait vu une si belle et si aimable personne.

Le fils du roi la mit a la place la plus honorable, et ensuite la prit pour la mener danser. Elle dansa avec tant de grace, qu'on 1'admira encore davantage. On apporta une fort belle collation, dont le jeune prince ne mangea point, tant 30 V il etait occupe a la considerer. Lors- qu'elles causaient ainsi, Cendrillon entendit sonner onze 35 heures trois quarts ; elle fit aussitot une grande reverence a la compagnie, et s'en alia le plus vite qu'elle put.

Des qu'elle fut arrivee, elle alia trouver sa marraine, et, apres 1'avoir remerciee, elle lui dit qu'elle souhaiterait bien aller encore le lendemain au bal, parce que le fils du roi Ten 40 avait prie'e. Elle n'avait cependant pas eu envie 5 de dormir depuis qu'elles s'etaient quittees.

Si tu etais venue au bal, lui dit une de ses soeurs, tu ne t'y serais pas ennuyee : il est venu la plus belle princesse, la plus belle qu'on puisse jamais voir ; elle nous a fait mille civilite's : elle nous a donne des oranges et des citrons.

Cendrillon 10 ne se sentait pas de joie ; elle leur demanda le nom de cette princesse; mais elles lui repondirent qu'on ne la con- naissait pas ; que le fils du roi en etait fort en peine, et qu'il donnerait toute chose au monde pour savoir qui elle etait. Cendrillon sourit, et leur dit : Elle etait done bien 1 5 belle, mon Dieu!

Vraiment, dit mademoiselle Javotte, je suis de cet avis ; pretez votre habit a un vilain Cucendron comme cela! Cendrillon s'attendait bien a ce refus, et elle en fut bien aise, car elle aurait ete' grandement embar- rassee si sa sceur eut bien voulu lui preter son habit.

Le lendemain, les deux soeurs furent au bal, et Cendrillon aussi, mais encore plus paree que la premiere fois. Le fils 25 du roi fut toujours aupres d'elle, et ne cessa de lui center des douceurs. La jeune demoiselle ne s'ennuyait point, et oublia ce que sa marraine lui avait recommande', de sorte qu'elle entendit sonner le premier coup de minuit, lorsqu'elle ne croyait pas qu'il fut encore onze heures ; elle se leva, et 30 s'enfuit aussi legerement qu'aurait fait une biche.

Le prince la suivit, mais il ne put 1'attraper. Elle laissa tomber une de ses pantoufles de verre, que le prince ramassa soigneuse- ment. Cendrillon arrive chez elle bien essoufflee, sans carrosse, sans laquais, et avec ses mechants habits, rien ne 35 lui etant reste de toute sa magnificence qu'une de ses petites pantoufles, la pareille de celle qu'elle avait laissee tomber. On demanda aux gardes de la porte du palais s'ils n'avaient point vu sortir une princesse : ils dirent qu'ils n'avaient vu sortir personne, qu'une jeune fille fort mal vetue, et qui 40 avait plus 1'air d'une paysanne que d'une demoiselle.

On commenga a 1'essayer aux princesses, ensuite aux duchesses i o? On la porta chez les deux sceurs, qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied dans la pantoufle, mais elles ne purent en venir a bout. Cendrillon, qui les regardait, et qui reconnut sa pantoufle, dit en riant : Que je voie si elle ne me serait pas 15 bonne! Ses soeurs se mirent a rire et a se moquer d'elle. II fit asseoir Cendrillon, et approchant 20 la pantoufle de son petit pied, il vit qu'elle y entrait sans peine et qu'elle y etait juste comme de cire.

L'etonnement des deux soeurs fut grand, mais plus grand encore quand Cendrillon tira de sa poche 1'autre petite pantoufle, qu'elle mit a son pied. Ladessus arriva la marraine, qui, ayant 25 donne un coup de sa baguette sur les habits de Cendrillon, les fit devenir encore plus magnifiques que tous les autres. Alors ses deux soeurs la reconnurent pour la belle per- sonne qu'elles avaient vue au bal.

Elles se jeterent a ses pieds, pour lui demander pardon de tous les mauvais traite- 30 ments qu'elles lui avaient fait souffrir. Cendrillon les releva, et leur dit en les embrassant qu'elle leur pardonnait de bon coeur, et qu'elle les priait de Farmer bien toujours.

On la mena chez le jeune prince, paree comme elle e'tait. II la trouva encore plus belle que jamais, et, peu de jours 35 apres, il 1'epousa.

Cendrillon, qui e'tait aussi bonne que belle, fit loger ses deux soeurs au palais, et les maria, des le jour meme, k deux grands seigneurs de la cour. Les trois Souhaits. II y avait une fois un homme qui n'etait pas fort riche ; il se maria, et epousa une jolie femme. Un soir, en hiver, qu'ils e'taient aupres de leur feu, ils s'entretenaient du bon- 5 heur de leurs voisins, qui e'taient plus riches qu'eux.

Je ne souhaite pas encore, mais il me semble qu'il n'y a rien de si bon que d'etre belle, riche et de 20 qualiteV' "Mais," repondit le mari, "avec ces choses on peut etre malade, chagrin, on peut mourir jeune : il serait plus sage de souhaiter de la sante, de la joie et une longue vie.

En verite, la fee aurait du nous promettre de nous accorder une douzaine de dons, car il y a au moins une douzaine de choses dont j'aurais besom. Examinons d'ici a demain matin les trois choses qui nous 30 sont les plus necessaires, et nous les demanderons ensuite.

Je vais souhaiter de grandes richesses, et je te ferai faire 10 un e'tui d'or pour cacher le boudin. Peut-etre aurions-nous etc plus malheureux etant riches que nous ne le sommes a present. Crois-moi, mon ami, ne souhai- tons rien, et prenons les choses comme il plaira a Dieu de nous les envoyer. En attendant, soupons avec notre bou- 25 din, puisqu'il ne nous reste que cela de nos souhaits. Cresus et Solon.

Les riches presents qu'il envoya a Delphes, et qu'on y voyait encore du temps d'Herodote, firent croire que ses richesses etaient imrnenses. Strabon pretend qu'elles provenaient du produit des mines qu'on exploitait pres de Pergame. Le 35 sable d'or du Pactole en fournissait, dit-on, aussi une partie. Cependant, lorsque Strabon vivait, on ne trouvait plus d'or dans cette riviere. II prote'geait les sciences et les lettres, et sa cour fut orne'e 5 par la presence de plusieurs des sept sages de la Grece.

II se plut particulierement a deployer sa magnificence devant Solon, le plus celebre de ces philosophes, et a lui montrer ses tresors. Ce legislateur re'publicain n'en fut point ebloui, et lui prouva qu'il n'admirait dans un 10 homme que ses qualites personnelles.

Cresus lui demanda un jour s'il avait rencontre dans ses voyages un homme parfaitement heureux. Get heureux mortel a laisse des enfants generalement estime's ; il a vu les enfants de ses enfants, et il est mort glorieuse- ment en combattant pour son pays. Un jour de fete solennelle, voyant que les 25 boeufs qui devaient conduire leur mere au temple de Junon n'arrivaient pas, ils s'attelerent eux-memes au joug et trainerent" son char Tespace de plusieurs lieues. Cette pretresse, pdnetree de joie et de reconnaissance, supplia les dieux d'accorder a ses enfants ce que les hommes 30 pouvaient desirer de mieux ; elle fut exaucee.

Apres le sacrifice, ses deux fils, plonges dans un doux sommeil, terminerent plaisiblement leur vie. On leur erigea des statues dans le temple de Delphes. Nous connaissons 1'inconstance de la fortune ; nous attachons peu de prix a une fdlicitd 40 plus apparente que reelle, et qui n'est souvent que trop passagere.

La vie d'un homme est a peu pres de trente mille jours. Deux de ses enfants furent un sujet d'afflic- tion pour son coeur. L'un perit, malgre' toutes les precau- tions pour eviter l'accomplissement de 1'oracle, qui avait annonce sa mort ; 1'autre devint muet. Ce prince voulut savoir la cause de cette exclama- 15 tion et, apprenant de la bouche de 1'infortune monarque ce que le sage Grec lui avait dit, au milieu de ses prosperite's, sur 1'inconstance de la fortune, il craignit probablement pour lui-meme ces vicissitudes et accorda la vie a son illustre et malheureux captif.

Expedition de Xerxes centre la Grece. Des que Xerxes fut monte sur le trone, il forma le des- sein de faire la guerre aux Grecs. Avant de s'engager dans une entreprise de cette importance, il crut devoir assembler son conseil.

Ses motifs etaient le desir qu'il avait d'imiter 25 ses predecesseurs, qui tous avaient illustre leur regne et leur nom par de nobles entreprises ; 1'obligation oil il etait de venger Tinsolence des Atheniens, qui avaient ose attaquer Sardes et la bruler ; la necessite de reparer raffront recji a Marathon ; 1'esperance des grands avantages qu'on pourrait 30 tirer de cette guerre, qui entrainerait apres elle la conquete de 1' Europe, le plus riche et le plus fertile pays qui fut dans 1'univers.

II ajoutait, que cette guerre avait deja ete resolue par son pere Darius, dont il ne faisait que suivre et exe'cuter les intentions.

Tce go regimento interno valec

II n'y eut qu'Artabane, oncle de Xerxes qui eut le courage de faire sentir an roi les 5 inconvenients d'une semblable entreprise. La guerre fut resolue. Xerxes fit alliance avec les Carthaginois ; ils promirent d'attaquer, avec leurs allies, les Grecs en Sicile et en Italic ; jamais un peuple moms nombreux ne fut expose aux coups 10 d'un plus terrible orage.

La flotte de Darius avait peri en doublant le mont Athos. Le roi, voulant eviter un pareil desastre, ordonna qu'on perQat cette montagne, et lui ecrivit en meme temps en ces termes : " Superbe Athos, qui portes ta tete jusqu'au ciel, ne sois pas assez hardi pour opposer 15 a mes travailleurs des pierres et des rochers qui re'sistent a leurs efforts; autrement je te couperai en entier et te precipiterai dans la mer. Puis tout a coup il versa des larmes en pensant que, de tant de milliers d'hommes, pas un seul n'atteindrait l'age de cent ans.

Artabane lui dit alors : 25 " Puisque la vie des hommes est si courte, les rois devraient v la rendre heureuse au lieu de Fabreger par tant de guerres injustes et inutiles. On fit construire un pont de bateaux sur FHellespont; ce pont avait un quart de lieue de long ; il fut brise par une violente tempete.

Xerxes furieux commanda qu'on donnat 40 trois cents coups de fouet a la mer et qu'on y jetat des chaines de fer. Lorsqu'ils furent achieves, 5 on les couvrit de fleurs et de branches de myrte. Xerxes, ayant fait des libations et des prieres au soleil, jeta dans la mer un cimeterre persan, des vases et des coupes d'or. II traversa enfin 1'Hellespont, et son passage dura sept jours. Son armee penetra dans la Thrace ; sa flotte suivait la cote.

Xerxes avait a sa suite le roi Demarate qui, exile de La- cedemone quelques annees auparavant, avait trouve' un asile 15 a la cour de Suze. Xerxes lui demanda s'il croyait que la Grece osat resister a un monarque aussi riche et aussi puis- sant que lui.

Quand les Spartiates seraient abandonne's de tous 20 les Grecs, seuls ils viendraient vous combattre. La loi leur defend de fuir, et ils redoutent plus la loi que vos sujets ne vous craignent.

Cependant la plupart de ces negociations n'eurent pas un succes heureux. Themistocle e'tait Tame de leurs conseils et relevait leurs esperances. II leur persuada de construire deux cents galeres ; elles etaient dans les ports de 1'Attique lors de 1'invasion de Xerxes.

Leonidas aux Thermopyles. Pendant que Xerxes continuait sa marche, il fut resolu dans la diete de 1'isthme, qu'un corps de troupes, sous la conduite de Leonidas, roi de Sparte, s'emparerait du passage 5 des Thermopyles, situe entre la Thessalie et la Locride ; que 1'armee navale des Grecs attendrait celle des Perses aux parages voisins, dans un detroit forme par les cotes de la Thessalie et par celles de 1'Eubee.

Leonidas, en apprenant le choix de la diete, previt sa des- 10 tinde et s'y soumit avec cette grandeur d'ame qui caracte'ri- sait alors sa nation : il ne prit, pour 1'accompagner, que trois cents Spartiates, qui 1'egalaient en courage et dont il con- naissait les sentiments.

Les Spheres lui ayant represente qu'un si petit nombre de soldats ne pouvait lui suffire : " Us 15 sont bien peu," repondit-il, "pour arreter 1'ennemi, mais ils ne sont que trop pour 1'objet qu'ils se proposent. Trois cents victimes suffisent 20 a Thonneur de Sparte. Elle serait perdue sans ressource, si elle me confiait tous ses guerriers ; car je ne presume pas qu'un seul d'entre eux osat prendre la mite.

Ses dispositions etaient a peine achevees qu'on vit 1'armee de Xerxes se repandre dans les plaines 40 voisines. Comme un mur construit par les Spartiates lui de'robait la vue du reste de I'arme'e, il ne rendit compte a Xerxes que des trois cents hommes qu'il avait vus a 1'entree du 10 defile. Le roi des Perses, e'tonne de la tranquillite des Lace'de- moniena, attendit quelques jours pour leur laisser le temps de la reflexion.

Le cinquieme, il ecrivit a Leonid as : " Si tu veux te soumettre, je te donnerai Fempire de la Grece. Quelques soldats courent a Leonidas et lui disent : " Les Perses sont pres de nous. Les Medes s'avancent en fureur: leurs premiers rangs tombent perces de coups ; ceux qui les rem- placent eprouvent le meme sort. Les Grecs, presses les uns contre les autres, et couverts de grands boucliers, pre'sentent N un front herisse de longues piques.

De nouvelles troupes se 30 succedent vainement pour les rompre. Apres plusieurs atta- ques infructueuses, la terreur s'empare des Medes ; ils fuient et sont releves par le corps des dix mille Immortels que commandait Hydarnes. L'action devint alors plus meurtriere. La valeur e'tak peut-etre egale de part et 35 d'autre ; mais les Grecs avaient pour eux 1'avantage des lieux et la superiorite des armes.

L'inquietude et la honte agitaient son ame or- gueilleuse et pusillanime, lorsqu'un habitant de ces cantons, nomme phialtes, vint lui decouvrir le sentier fatal par lequei 5 on pouvait tourner les Grecs. Les Perses continuerent leur route. Pendant la nuit, Leonidas avait e'te' instruit de leur pro- jet par des transfuges echappes du camp de Xerxes ; et le lendemain matin, il le fut de leur succes, par des sentinelles 20 accourues du haut de la montagne.

A cette terrible nouvelle, les chefs des Grecs s'assemblerent. Comme les uns etaient d'avis de s'eloigner des Thermopyles, les autres d'y rester, Leonidas les conjura de se reserver pour des temps plus heureux, et declara que, quant a lui et a ses 25 compagnons, il ne leur e'tait pas perrnis de quitter un poste que Sparte leur avait conne.

Les Thespiens protesterent qu'ils n'abandonneraient point les Spartiates; les quatre cents The'bains, soit de gre', soit de force, prirent le meme parti ; le reste de 1'armee eut le temps de sortir du defile. II leur fait prendre un 35 repas frugal, en ajoutant: "Nous en prendrons bientot un autre chez Pluton.

Pres d'attaquer 1'ennemi, il est emu du sort de deux Spartiates, qui lui etaient unis par le sang et par i'amitie : il donne au premier une lettre, au 40 second une commission secrete pour les magistrats de Lacedemone.

Au milieu de la fruit, les Grecs, Leonidas a leur tete, sortent du defile', avancent a pas redoubles dans la plaine, renversent les postes avances, et penetrent dans la tente de 5 Xerxes qui avait deja pris la fuite ; ils entrent dans les tentes voisines, se repandent dans le camp, et se rassasient de car- nage.

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C'est puissant, et parmi le top de la technologie. Cela signifie que vous avez à peu près 23 heures de musique et 7 heures de vidéo.

C'est génial parce qu'il dispose également d'une prise casque de 3,5 mm pour que vos écouteurs standard de prédilection fonctionnent parfaitement. Le Xone Phone vous évitera d'avoir à recharger votre téléphone toutes les deux heures. Lorsque vous considérez les caractéristiques les plus importantes d'un nouveau smartphone, l'une d'entre elles doit être l'appareil photo. Pour la plupart des gens, c'est leur façon de prendre des photos, il faut donc l'améliorer.

Trop de smartphones modernes 39ème regiment dinfanterie rouen du retard dans ce domaine. L'appareil photo à double flash vous permet de ne rater aucun moment et de le capturer d'une manière impressionnante et d'une clarté saisissante.

Il y a plusieurs modes disponibles pour vos photos. Si vous voulez capturer un selfie de haute qualité ou utiliser le mode beauté et toute autre fonction, vous savez qu'il va être pris dans une clarté qui plaira à tous.

Une plainte fréquente avec les smartphones est que son stockage peut s'épuiser trop rapidement. La dernière chose que quelqu'un veut est d'être constamment supprimer leurs photos et vidéos préférées afin qu'ils puissent libérer de l'espace de stockage. Gardez vos précieux moments sur votre téléphone avec Xone Phone vous en aurez assez pour la plupart des utilisateurs.