Puberté précoce et surpoids

On sait depuis longtemps que le déclenchement de la puberté dépend des conditions nutritionnelles, et que les situations de carence alimentaire sont associées à un retard de puberté. Une infertilité est souvent observée chez les personnes ayant une masse adipeuse réduite, comme les coureuses de fond, les danseuses de ballet et les patientes souffrant d'anorexie mentale. On peut par ailleurs remarquer que l'obésité chez l'enfant est en augmentation constante dans la plupart des pays occidentaux et, que dans le même temps, on observe une diminution de l'âge d'apparition de la puberté.

Un certain nombre d'études épidémiologiques indiquent que les deux phénomènes sont très probablement liés. Si l'existence d'un lien entre masse adipeuse et puberté semble bien établie, la relation de causalité entre surcharge pondérale et puberté reste assez mal définie.

Ainsi, il apparaît clairement que les filles en surpoids ont une maturation sexuelle plus précoce que les filles minces. Cependant, la question se pose de savoir si c'est la surcharge pondérale qui induit une maturation sexuelle précoce, ou si au contraire, une maturation sexuelle précoce peut, par elle-même, être responsable d'une prise de poids excessive.

Dans ce chapitre, nous discuterons un certain nombre de données en faveur de l'une ou l'autre de ces hypothèses. La relation entre poids corporel et âge de la puberté a été étudiée dans différentes populations. Cependant, de telles études ne permettent pas de déterminer si ce sont les changements hormonaux accompagnant la puberté qui sont responsables de l'augmentation de masse adipeuse, ou si la préexistence d'un surpoids favorise une puberté précoce.

Les auteurs observent que le IMC-ZS indice de masse corporelle corrigé par rapport à un IMC standard qui tient compte de l'âge des enfants est, à chaque âge, nettement plus élevé chez les filles pour lesquelles le développement de la poitrine a eu lieu. En outre, à un âge donné, plus le développement de la poitrine est important, et plus le IMC-ZS est élevé.

Une autre étude Adair et Gordon-Larsen, a montré que les adolescentes ayant une maturation sexuelle précoce ont deux fois plus de risque d'être en surpoids que les adolescentes ayant une maturation sexuelle tardive. Bien que les études mentionnées précédemment indiquent l'existence d'un lien fort entre puberté précoce et surpoids, leur interprétation reste assez délicate.

En effet, on ne peut exclure que la plus grande fréquence de l'obésité observée chez les filles ayant une maturation sexuelle précoce soit une conséquence et non une cause de cette maturité précoce. D'autres études semblent en effet aller dans ce sens. Les auteurs observent que les filles ayant une maturation précoce ont une vitesse d'augmentation de l'IMC plus élevée après la ménarche.

Les filles ayant eu une maturation précoce auront donc, quelques années après la ménarche, un IMC plus élevé. Ainsi, si l'on compare des filles à un âge déterminé, celles qui ont eu leurs règles plus tôt seront en surpoids par rapport à celles ayant eu leurs règles plus tard, mais cette augmentation de poids serait une conséquence plutôt qu'une cause de la maturation sexuelle précoce.

Malgré les limitations méthodologiques de ce travail, qui utilise l'IMC et non l'IMC-ZS comme marqueur de l'adiposité chez des enfants, cette étude suggère fortement que la maturation sexuelle serait responsable de la prise de poids excessive.

Ces travaux suggèrent que l'augmentation des stéroïdes sexuels pourrait favoriser le développement de l'obésité chez les filles ayant une puberté précoce.

Surpoids et spiritualité 2000

Les filles incluses dans cette étude sont celles pour lesquelles une suppression complète des gonadotrophines et des stéroïdes sexuels a été observée pendant toute la période de traitement avec les agonistes GnRH Gonadotropin Releasing Hormone. Quinze mois après l'arrêt du traitement, aucune fille n'était considérée comme étant obèse. Ainsi, ces résultats suggèrent très fortement que ce sont les changements hormonaux liés à la puberté précoce qui sont responsables de l'obésité.

Il faut remarquer que la plupart des travaux concernant les relations entre obésité et puberté ont été réalisés chez des filles. Ceci est probablement dû aux difficultés associées à l'évaluation de la maturité sexuelle des garçons dans les études épidémiologiques. L'étude de l'association entre obésité et maturité sexuelle chez le garçon pourrait apporter des informations importantes permettant de mieux comprendre dans quel sens se fait cette relation.

Il apparaît clairement que la relation entre maturité précoce et obésité est totalement inversée chez les garçons et chez les filles.

Des chercheurs américains viennent de découvrir que, chez les garçons, le surpoids pouvait provoquer une puberté précoce. Cependant, l'obésité aurait plutôt tendance à avoir l'effet inverse.

La puberté précoceon en parle surtout chez les filles. Pourtant, ce phénomène biologique peut aussi survenir chez les garçons, bien qu'il soit 5 fois moins fréquent. Une récente étude de la University of Michigan in Ann Arbor États-Unis vient de montrer que le surpoids pouvait déclencher une puberté précoce chez les garçons.

Les scientifiques ont suivi leur courbe de croissance, mesuré régulièrement leur IMC et surveillé l'apparition de leurs signes pubertaires pendant plusieurs mois. Les enfants qui étaient en surpoids mais pas en situation d'obésité entraient dans l'âge de la puberté à partir de 9,3 ans en moyenne. A l'inverse, ceux qui étaient obèses connaissaient une puberté plus tardive que la moyenne.

Comment calculer le poids idéal de mon enfant. Inscrivez-vous à la newsletter Top Santé et recevez gratuitement votre livret de recettes minceur et gourmandes. Leur indice de masse corporelle IMC, rapport du poids sur le carré de la taille a été calculé régulièrement entre l'âge de 3 ans et 12 ans.

Puis, elles ont été respectivement classées " à risque de surpoids " lorsque leur IMC se situait entre le 85ème et 95ème percentile sur les courbes de croissance ou " en surpoids " lorsque celui-ci dépassait le 95ème percentile.

Par ailleurs, entre 9 et 11 ans, le stade de développement pubertaire des jeunes filles, a été déterminé selon la classification de Tanner. Cette classification de référence établit cinq stades d'évolution de la puberté en fonction des changements hormonaux et physiques des adolescentes. Le premier stade correspond à l'âge prépubère, en général avant l'âge de 9 ans, tandis que le stade 5 correspond à la fin de la puberté lorsque le corps de l'adolescente atteint sa morphologie d'adulte, en général entre 14 et 15 ans.

Les premières règles surviennent en moyenne vers l'âge de 13 ans. En outre, d'entre elles étaient déjà pubères à cette même période.