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Elle est très montagneuse et escarpée, et comme coupée en deux parties par un étranglement de la mer à un endroit qui s'appelle Tarbet. Sa superficie est de " kil. Le canton de Genève fait l'effet d'un bien petit territoire, entouré comme il l'est de montagnes assez élevées qui le dominent sans en faire partie. Toute autre serait l'impression qu'il produirait s'il formait une île avec des montagnes centrales. C'est une réflexion qui s'est souvent présentée à mon esprit dans les Hébrides.

Elles font toujours, comme grandeur, une impression qui dépasse la réalité. Je ne sais à qui l'île de Jura appartient aujourd'hui. Peu d'années avant notre passage, elle avait été achetée comme territoire de chasse par un M. C'était un philanthrope désireux d'améliorer le sort des habitants de sa propriété ; or, connaissant le penchant de ses compatriotes pour l'abus des liqueurs fortes, il avait fait fermer tous les débits de whisky de l'île.

Malheureusement Islay, avec ses nombreuses distilleries, n'était pas éloignée et les insulaires de Jura traversaient av. Ils y restaient même plusieurs jours et en revenaient on ne sait comment! Les femmes de Jura supplièrent alors M. Morisson de rouvrir les cabarets, assurant que cela aurait moins d'inconvénients pour leurs maris, c'est ce qui eut lieu. Voilà un fait qui prouve une fois de plus qu'il n'est pas toujours facile de faire le bien.

Aussi M. Pour arriver à l'île de Mull, il faut naviguer avec la plus grande précaution dans le Firth of Lome où les vents s'engouffrent comme dans un entonnoir. LeFirth of Lorne longe cette partie de l'Argyleshire, qui donne son nom au fils aîné du duc d'Argyle. La capitale de l'île se nomme Tobermory, ce qui signifie en gaélique le puits de la Ste-Vierge.

Il y avait en effet autrefois un puits sacré. Tobermory est une petite ville de habitants, située dans une ravissante baie qui porte le même nom. Il y avait une auberge tenue par une famille agréable et même hospitalière, ce qui n'est plus guère de mode aujourd'hui dans les hôtels modernes, même en Ecosse.

L'arrivée d'un yacht à cette époque n'était pas une chose fréquente, un autre yacht Attalante, monté par le fils du célèbre astronome sir John Herschell était entré dans la baie en même temps que nous. Les habitants donnèrent un bal pour nous bien recevoir. Tous étaient en costume de montagnards écossais.

Cette danse est d'origine Scandinave. C'est dans le passage de Mull que s'ouvre le fameux canal Calédonien qui traverse toute l'Ecosse pour rejoindre la mer du Nord à Inverness, dans le Firth de Moray à travers les lochs Linnhe Lochy et Ness.

Ce canal permet aux vaisseaux qui se dirigent de la mer Baltique ou de la mer du Nord vers l'Irlande et les côtes occidentales de la Grande-Bretagne et vice versa, d'éviter les passages dangereux des Orcades et du grand et du petit Minch qui se trouvent entre l'île de Skye et les Hébrides extérieures. Mull est à proximité des deux îles les plus intéressantes des Hébrides, celles qui attirent le plus l'attention des voyageurs.

Je veux parler de Staffa et de Iona. L'île de Staffa mériterait à elle seule le voyage aux Hébrides, car elle renferme le plus beau monument d'architecture natu. Cette grotte a pour ainsi dire été découverte par hasard en par un savant écossais, frommé sir Joseph Banks, qui était alors président de la Société Royale de Londres.

Sir Joseph se rendait à celte époque dans les Orcades avec l'évêque de Linkoppink en traversant les Hébrides. Retenu dans l'île de Mull par une de ces tourmentes si fréquentes dans ces parages, il fut engagé par des pêcheurs à se détourner un peu de sa route pour visiter cette île si remarquable, qui n'était connue alors que d'un bien petit nombre de personnes.

Guidé par les gens du pays il s'y rendit, débarqua de Huit dans l'île, et le lendemain se trouvant à la pointe du jour aux pieds de ces colonnades naturelles, il vit la grotte de Fingal éclairée par les premiers rayons du soleil.

Comment annoncer au monde cette découverte? Cette simple et noble architecture dont nul être humain n'a tracé les contours, ne peut ni ne doit se comparer aux souvenirs des temples antiques ou des majestueuses cathédrales gothiques. En décrire la natures les proportions est déjà difficile, analyser l'impression qu'elle produit est chose plus difficile encore.

De même que sir Joseph Banks, nous arrivâmes à Staffa à une heure matinale, mais plus heureux que lui, nous pûmes aborder la grotte directement par la mer, ce qui, au dire de certains auteurs, n'arrive pas une fois en dix ans.

Notre yacht resta sous voile à quelques milles au large, un canot fut mis à la mer et guidé par nos habiles marins, nous pûmes entrer dans la grotte sans nous briser contre les colonnes verticales qui entourent l'île dans sa plus grande partie.

En entrant sous la voûte, nous éprouvâmes tous un sentiment indéfinissable d'admiration. La grandeur et la majestueuse simplicité de cette vaste salle, l'obscurité qui y régnait et qui augmentait encore la couleur noire des. Quant à moi, l'impression la plus profonde que me fit la grotte de Fingal, celle qui me poursuit encore après bien des années, quand j'y pense, est ce que j'appellerai l'impression musicale.

Même lorsque la mer est tranquille, la vague se redresse sur le seuil et passe en sifflant à travers les fûts des piliers, tourbillonne le long des colonnes de basalte et va se briser au fond ténébreux de la caverne. En redescendant elle produit un son plus doux el plus harmonieux. Puis un moment de silence s'établit jusqu'à ce qu'une nouvelle vague vienne mugir encore en un formidable concert de voix et d'échos. Une sorte de rythme règle tout ce tumulte. Quand les jours d'orage viennent et que des vagues énormes se brisent contre la muraille de basalte, la musique se change en un fracas terrible.

Depuis Tobermory, dans l'île de Mull, à plus de 40 kilomètres de distance, on entend alors comme une forte canonnade qui ferait croire aux signaux de navires en détresse. C'est le bruit de l'air comprimé qui s'échappe de la grotte. Après avoir visité ce lieu remarquable qu'on n'oublie jamais après l'avoir vu, nous fûmes explorer l'intérieur de l'île.

C'est une plaine verdoyante et ondulée, et absolument inhabitée. Sir J. Banks, qui y passa quelques jours eny vit trois familles. Faujas de St-Fonds quelques années plus tard, n'y trouva qu'une famille chargée de la garde des troupeaux. On nous montra la cabane où vivaient ces pauvres gens et on nous fit le récit de la vie qu'ils menaient pendant l'hiver, alors que la mer roulait ses immenses lames quien se brisant contre les rochers, rejaillissaient par-dessus les falaises et inondaient l'île.

Staffa était ébranlée comme par un tremblement de terre. Aujourd'hui elle est la propriété de la famille Mac Donald, qui réside à proximité dans l'île d'. Voici, d'après M. Foujas, les mesures et dimensions de la grotte de Fingal, dont il a fait une mensuration fort exacte : Largeur de l'entrée à l'ouverture à fleur. Hauteur du niveau de la mer au sommet. Hauteur des grandes colonnes du côté. Nous ne pouvions nous décider à quitter Staffaque vraisemblablement nous ne devions plus revoir, quand un coup de canon nous rappela à bord du yacht.

Peu de temps après, nous faisions voile pour Iona, -emportant de la grotte de Fingal un souvenir ineffaçable. Iona n'est pas très éloignée de Staffa; elle est située de 8 à 1 0 milles plus au sud et est plus facilement abordable. C'est la plus intéressante des Hébrides au point de vue des souvenirs. Le Dr Johnson a dit que tout homme qui ne sentait pas sa piété devenir plus vraie en débarquant à Iona, était un misérable.

Le savant docteur oubliait sans doute, lorsqu'il prononçait ces paroles, que l'histoire de saint Columba n'était pas connue de tout le monde, comme de lui-même, et il aurait pu faire une exception en faveur des Ignorants qui, comme nous, avaient attendu de visiter l'île sainte pour y étudier son glorieux passé.

Déjà bien avant l'ère chrétienne, les Druides s'étaient installés en grand nombre dans l'île de Iona et en avaient fait un lieu consacré à leur religion. D'anciens monuments mégalithiques, des dolmens et des menhirs qui rappellent ceux du pays de Galles témoignent encore de leur présence en ces lieux. Plus lard, vers le Vme siècle, un missionnaire irlandais.

Columba ou Colomban, vint s'y établir pour prêcher le christianisme dans les îles de l'ouest où régnaient alors les' épaisses ténèbres de l'ignorance et de la superstition. Il fonda un monastère qui envoya de nombreux missionnaires portant au loin, non seulement en Ecosse, mais dans les régions les plus reculées de l'Europe le flambeau de l'Évangile.

Les apôtres catholiques venant du nord pénétrèrent dans les Gaules, en Allemagne, sur les bords du Rhin et même en Suisse où l'un d'eux, Gall, disciple d'un autre saint Colomban, fonda, en l'an Chose étrange, tant de zèle, tant de dévouement apostoliquene trouvèrent pas toujours l'approbation de la cour' de Rome, qui, à plusieurs reprises, prononça de fortes censures contre les moines de Iona, dont les pratiques différaient parfois de l'Église romaine par des règles de peu d'importance.

Pendant que les missionnaires de Iona parcouraient l'Europe, ceux qui étaient restés dans le monastère s'occupaient de civiliser les populations des îles et véritables bénédictins développaient leur culture intellectuelle, rassemblaient les manuscrits et formaient d'importantes bibliothèques.

Tout cela fut détruit plus tard. Le vieux monastère lui-même est aujourd'hui en ruines, la chapelle seule avec sa tour carrée, sans aucune prétention architecturale, domine encore le cloître 'qui fut pendant des siècles le lieu de sépulture des anciens rois d'Ecosse. Des pierres tombales, au nombre de plus de 60, usées par le temps, conservent encore des vestiges de leurs nomsaujourd'hui pour la plupart oubliés ou inconnus.

On nous montre celle sous laquelle repose Macbeth. C'est le dernier souverain d'Ecosse dont le corps y fut transporté. Ce nom seul est bien fait pour intéresser le visiteur et invoquer de poétiques réminiscences. Dans un autre cercle, le long de la muraille, on voit aussi les tombes de plusieurs chefs de clans des Mac. Lean, des Mac Donald, etc. Aujourd'hui on n'y ensevelit plus personne. L'île de lona, jadis si célèbre et si éclairée, est maintenant ignorée et à moitié sauvage.

C'est un triste monument des vissicitudes humaines. La réformation vint achever sa ruine ; à l'abolition des diocèses épiscopaux la famille d'Argyle entra en possession de plusieurs de leurs domaines qui avaient appartenu au clergé, dans cette portion de l'Ecosse et lona fait maintenant partie des vastes propriétés dû duc d'Argyle.

Aujourd'hui, dans son ensemble, l'île n'a rien de pittoresque. Elle n'est point, comme Staffa, élevée au-dessus de la mer sur des bases rocheuses, ses côtes sont basses et plutôt sablonneuses. D'assez loin on aperçoit les ruines de l'antique cathédrale, yaourt 0 maigrir 5.2 n'ont rien de grandiose et ne sont remarquables que par le souvenir.

A peu de distance, se trouve un petit village de 3 à âmes, qui possède une modeste auberge portant le nom du patron de l'île St-Columbaoù nous fûmes très bien accueillis.

Les habitants pauvres pour la plupart, mais hospitaliers, s'occupent surtout de la pêche. Je me souviens que de loin les toits de leurs chaumières me parurent couverts de neige.

Gomme nous étions au mois d'août et qu'il n'y a jamais de neige dans les Hébrides, je me rendis compte que c'était une illusion d'optique causée par des quantités de ces poissons plats nommés flounders, très abondants dans ces parages, que les pêcheurs, après avoir salés, font sécher au soleil sur le toit de leurs maisons. La lumière se jouant sur les cristaux salins, faisait absolument l'effet d'une couche de givre brillant au soleil. Après avoir quitté Ionâ, la première île que nous abordâmes fut l'île de Skye.

L'île de Skye est la plus importante du groupe Hébrides; en étendue elle n'est surpassée que par Lewis, Elle mesure 4 kilomètres carrés, mais elle est supérieure à toutes les autres par la beauté de ses lacs et de sen paysage.

C'est l'île qui attire le plus de touristes à cause de la proximité de l'Ecosse dont elle n'est séparée que par un étroit passage et ensuite par la facilité avec laquelle on peut s'y rendre depuis la jolie ville d'Oban qui est aujourd'hui reliée avec l'Ecosse du sud par un chemin de fer. Aussi beaucoup de voyageurs visitent seulement l'île de Skye et se considèrent comme ayant accompli un voyage aux Hébrides.

Ils n'ont peut-être pas très tort parce que, sauf la grotte de Staffa, on peut dire que tout ce qui charme dans les autres îles se trouve réuni à Skye.

Notre première visite fut pour la baie de Brittle, au sud de l'île, où rienis étions àttenlus chez des amis pour la célébration d'un mariage. Nous quittâmes la charmante baie de Brittle pour remonter vers le nord en contournant l'île par le détroit du petit Minch.

Toute cette côte ouest de Skye est d'une grande beauty. Favorisés par un temps remarquablement clair, ce qui est assez rare dans ces parages, nous pûmes naviguer à portée du rivage et jouir profondément de la magnificence du paysage qui s'offrait à nos yeux.

De tous côtés surgissaient des montagnes, plongeant à pic dans la mer, tandis que leurs cimes dénudées se perdaient dans les nuages. Des torrents se précipitaient en cascades écumeuses dans l'océan, avec la rapidité de l'éclair.

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Parfois teut était voilé par un nuage sombre, puis un rayon de soleil perçait de nouveau la brume et éclairait encore quelques instants le splendide tableau. Nous fîmes en passant deux excursions intéressantes ; d'abord celle des Cullens Hills. Nous laissâmes le yacht dans le loch Scavig où il y a un bon ancrage. Quand nous fûmes au sommet, les nuages qui environnaient la montagne se dissipèrent un instant et nous. Le spectacle était beau, mais ne présentait point cependant l'intérêt et la variété de la vue que nous avions contemplée depuis le pic du Goatfeld, dans l'île d'Arran.

Nos marins y avaient transporté un canot sur leurs épaules et nous eûmes le privilège de pouvoir naviguer dans l'endroit le plus sauvage qui se puisse imaginer. Il faut en lire la description dans Walter Scott. C'est Bruce qui se trouve par comment perdre du poid en mangeant normalement dans en face de cette scène grandiose et qui témoigne son étonnement et son admiration dans des vers qui sont considérés comme étant les plus beaux du poète écossais.

Après avoir contourné la pointe de Slate, doublé Dun. C'est la montagne la plus élevée de l'île, qui est terminée dans sa partie supérieure par une plate-forme de granit. Nous descendîmes dans un village pour avoir un guide, mais aucun des habitants ne comprenant l'anglais, on nous mena dans un autre petit hameauau pied de la montagnenommé Stancheloù nous trouvâmes un homme pour nous accompagner.

Les indigènes firent leur possible pour nous être utiles ou agréables, mais leur existence nous parut rien moins qu'enviable. A partir du moment où nous sortîmes de la baie de Staffln pour faire voile vers le nord et après avoir, con. La ville de Portree est la capitale de l'île de Skye. Elle est dans une jolie situation, au fond de la baie, entourée de quelques arbres un peu rabougris, les premiers que nous ayons vus depuis plusieurs semaines.

En bas, près de la mer, seulement quelques habitations de pêcheurs. Celte petite ville de Porlree. Je veux parler de Louis Necker, fils de Jacques Necker. Il naquit à Genève le 10 avril et occupa avec distinction, de à Dans sa jeunesse, il avait fait un long voyage dans les Hébrides. Ce n'était pas chose facile alors. Il y vécut dans la retraite la plus, complète et mourut le 6 novembreaprès être resté 22 ans dans l'île de Skye sans en être jamais sorti.

C'était un homme d'un caractère un peu bizarre, mais d'une vaste érudition. Toutes les sciences naturelles lui étaient familières. Comme botaniste, il a fait une étude spéciale de la flore des Hébrides.

Comme zoologue, il avait publié ua intéressant mémoire sur les oiseaux de notre pays ; enfin il s'occupait surtout de géologie. Son ouvrage sur la géologie de l'Ecosse a conservé en Angles- terre, malgré les progrès de la science, une certaine notoriété.

Mais sa publication la plus importante est certainement celle sur les Hébrides, en 3 volumes, qui parut à Genève en 1 Aujourd'hui encore, malgré les nombreux ouvrages qui ont paru depuis, aucun livre ne peut mieux renseigner le lecteur qui veut étudier ce pays et ses habitants. A la vivacité du style, à un certain sentiment poétique, Necker joint l'esprit d'analyse et d'observation qui est le propre du savant et qui fait de son ouvrage une lecture réellement attrayante et instructive.

Il parlait avec la plus grande facilité ce dialecte si rude et si difficile, et il aurait pu traduire les poèmes d'Ossian si Mac Pherson ne l'avait déjà fait, car il avait étudié à fond les bardes écossais et avait recueilli bien des légendes et des poésies anciennes qui se transmettaient d'âge en âge par simple tradition orale dans les populations hébridiennes.

Comme dessinateur, il n'était point non plus sans talent et il a illustré lui-même son ouvrage sur les Hébrides. Son dessin a une certaine précision qui n'est plus de mode aujourd'hui. La vue qu'il donne de la grotte de Fingal par exemple est remarquable par sa ressemblance et son exactitude.

Il vivait très retiré à Psitree, ne parlant presque jamais à personne, mais il était néanmoins fort respecté à cause de sa bienfaisance. J'ai conservé le meilleur souvenir de sa conversation qui était instructive et spirituelle. Mais les sujets scientifiques l'intéressaient seuls, il me questionna peu sur Genève et je compris que les Hébrides étaient devenues sa seule patrie.

C'est là qu'il commença, en collaboration avec le Dr Carpenter. II s'était installé dans un presbytère isolé à Broadford, à l'extrémité de la pointe de Slate, un des endroits les- plus sauvages de l'île.

Que celte phrase dépeint bien le savant tout entier à son travail et à la science! Plus tard il raconte avec la même simplicité charmante, une petite aventure qui ne manque pas de couleur locale.

Mais, heureux dénouementon cherche dans l'île sauvage et on trouve un homme habile, charpentier de son état, un peu horloger au besoin, qui répare le microscope, et le jeune savant, tout joyeux, peut retourner à ses chères études.

Après avoir passé quelques jours à Portree et fait la connaissance de plusieurs de ses habitants, qui, à cette époque, recevaient bien rarement des visites, nous voulions explorer un peu l'intérieur de l'île de Skye avant de la quitter. Il n'y avait pas de routes earossables alors, le seul moyen d'y pénétrer était de voyager à cheval. On nous amena des petits chevaux du pays, très nerveux et agiles, mais sans selles ni brides; un simple licol en cordes suffisait pour les conduire.

C'est ainsi équipés que nous traversâmes l'île dans toute sa largeur, suivant ces longues vallées aux bas fonds tourbeux et humides. Tout ,1e pays était d'une tristesse et d'une mélancolie dont rien ne peut donner une idée. Dans notre Suisse même les sites les plus sauvages ne peuvent produire une pareille impression. Toujours des montagnes recouvertes de caries translation in english sombre, point de culture, rarement une habitation misérable et solitaire.

Telle nous apparut Skye et nous rentrâmes à Portree avec le sentiment que dans les Hébrides, il ne faut pas s'éloigner des côtes où se concentre tout l'intérêt du paysage. Le lendemain matin de bonne heure, nous mîmes à la voilé de nouveau. Notre but était de profiter d'un vent favorable pour contourner l'île de Raasa qui protège la baie de Portree. Cette île venait d'être achetée par un nouveau propriétaire, qui nous en fit les honneurs; il était occupé à faire construire une fort belle habitation dans une situation abritée et charmante.

Il nous montra aussi déjeunes plantations de conifères qui ont, paraît-il, très bien réussi et ont donné à cette île. Elles s'échelonnent sur une longueur de kilomètres environ. Lewis est la plus grande dé toutes les Hébrides, sa superficie est de kilomètres carrés, ou plus exactementacres.

Elle a une population de 25, habitants, c'est-à-dire 13 habitants par kilomètre carré. Elle se divise en deux districts, soudés à Tarbet par un promontoire très étroit.

Ce sont presque deux îles, celle du nord s'appelle Lewis, celle du sud s'appelle Harris. C'est dans ces. Stornoway, avec son beau port, ses rues propres et éclairées au gaz, ses belles églises, ses écoles, fait un contraste frappant avec les villages si pauvres de l'intérieur de l'île et même avec Portree. Une magnifique habitation presque princièretout à fait moderne dans son architecture, domine la ville, entourée de beaux jardins comme on en voit dans les environs de Londres.

C'est la résidence delady Matheson, à qui appartiennent aujourd'hui les deux îles de Lewis et d'Harris tout entières, joli petit royaume pour une femme. En outre, Stornoway doit avoir actuellement une station météorologique et peut-être aussi un télégraphe sous- marin, car nous voyons presque tous les jours la pression barométrique de Stornoway indiquée dans les journaux.

Les habitants de Stornoway ont une telle admiration p ur leur ville et pour la magnificence du palais de lady Matheson, leur propriétaire, qu'ils ne comprennent pas pourquoi la reine ne vient pas y habiter pendant ses séjours en Ecosse. Le climat de l'île est très doux, le thermomètre se tient presque tout l'hiver au-dessus de zéro et la neige y fait rarement son apparition, comme du reste dans tout l'archipel des Hébrides.

Quand notre yacht entra dans la baie de Stornoway, ses formes élégantes qui le distinguaient des innombrables bateaux de pêcheurs ancrés dans la rade, attirèrent l'attention des habitants de la ville. Ils descendirent nombreux vers le port pour assister à notre débarquement et nous reçurent de la manière la plus cordiale et la plus hospitalière.

A cette époque, bien rares étaient les visiteurs qui. Deux fois par semaine, quand lé temps le permet, des bateaux à vapeur- y arrivent depuis Glascow et depuis Oban. Au midi de Harris, on trouve une série d'îles qui terminent la longue ligne des Hébrides extérieures. Les deux principales sont les deux Uist. Du verre jaillissait des vitres brisées du Fluctuat Nec Mergitur, tables et chaises voltigeaient à travers la place.

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Elle se retourna. La Mercedes était encore en l'air. Plus tard, elle se souviendrait de l'avoir vue à trois ou quatre mètres du sol. En fait, elle n'en était probablement qu'à une cinquantaine de centimètres. Des débris flamboyants bombardèrent la place de la République quand la voiture s'écrasa sur la chaussée en une boule de flammes. Niamh pouvait voir à nouveau, mais elle n'entendait plus rien. Le bourdonnement était assourdissant.

Puis elle perçut un hurlement. Il lui fallut un moment avant de comprendre que c'était le sien.

Îles Hébrides : Lewis, Callanish (géologie)

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